Les newsletters de la préparation

Dimanche 23 mars 2014 7 23 /03 /Mars /2014 20:04

 

Avant de partir en Argentine, la chaine TV Vosges Télévision était venue me voir en Décembre 2013 pour faire quelques images. Décus de ne pas voir la moto, les journalistes avaient promis de revenir après mon retour.

   

Le temps pour la moto de passer le Cap Horn pour rejoindre le port du Havre (un mois et demi en bâteau) et voilà Vosges Television à nouveau à la maison. Cette fois-ci pour un reportage un peu plus long...

 

 

C'est ici ... Le reportage !

 

Alors, Janvier 2015 ou Janvier 2016 ?

 


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Dimanche 12 janvier 2014 7 12 /01 /Jan /2014 12:19

 

EricPalante

J'étais à Madrid en attente de mon avion pour Paris quand j'ai appris le décès d'Eric.

Je suis alors bouleversé.

Je ne peux pas dire que nous étions amis puisque jusqu'à il y a quelques jours je ne le connaissais que de nom.

Mais en arrivant à Buenos Aires je l'ai rencontré aux malles. Nous avons discuté, de nos passions, de nos boulots, de son phone2blog et bien sur du Dakar et de comment le faire "aux malles motos".

Il ne m'a pas pris de haut lui l'expérimenté (11 Dakar) et moi le nouveau (premier Dakar). Il m'a donné des conseils, encouragé.

La dernière fois que je l'ai vu c'était aux malles au bivouac de Chilecito. Il était dans sa course, je quittais la mienne.

Je ne l'ai connu que quelques heures mais il m'a donné l'impression d'un gars bien.

Mes pensées vont à sa famille.

Au revoir Eric.







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Mercredi 8 janvier 2014 3 08 /01 /Jan /2014 20:29

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J'ai tout essayé.

Je suis bien obligé de l'admettre, j'ai dû abandonner sans pouvoir me battre, ou plutôt si mais contre la moto. Depuis le jour où j'ai ramené la moto du port de Buenos Aires, tout tourne autour du même problème. L'alimentation essence se fait mal. Le filtre à essence se vide alors qu'il devrait être plein, et donc le moteur coupe.
Lors du retour du port cela s'est produit après 140 kms d'autoroute. J'ai pensé à un pb avec la pompe à essence car en soufflant dans les réservoirs avant pour mettre l'essence sous pression, le moteur redémarrait. En fait, il suffisait aussi d'attendre qqs minutes pour le même résultat. Puis le moteur coupait de plus en plus vite jusqu'à ne plus pouvoir faire qu'un ou 2 km.
Après avoir changé la pompe à essence et nettoyé la cuve du carburateur (eau, saleté) j'ai espéré avoir résolu le pb. Même s'il semblait évident que la chaleur était liée et que la moto était victime de "vapor lock" (transformation de l'essence en gaz sous l'effet de la chaleur).
Mais tous les mécaniciens que je vais voir trouvent bizarre d'avoir ce phénomène si tôt.


Étape 1: Rosario / San Luis.

Je n'ai eu aucun problème pendant la liaison. La moto marchait très bien. J'étais vraiment soulagé.

Je constate quand même qu’un de mes équipements de navigation acheté neuf juste avant de partir ne fonctionne pas. Je le signale au technicien de ERTF présent au départ de la spéciale qui confirme. On me le changera le soir au bivouac.


C'est parti, je prends enfin le départ d'une spéciale du Dakar !! Elle est cassante et sinueuse mais très sympa. Et puis après 80 km le moteur s'est à nouveau arrêté.
J'ai donc immédiatement changé le capteur d'allumage. Cause plus que probable si ce n'est pas du vapor lock. Mais là aussi le problème est revenu. A chaque fois que le moteur s'arrête, j'insiste, je redémarre, fais 10 km, m'arrête à nouveau. Je veux absolument finir la spéciale au plus vite car il y a encore 200 km de liaison.
Mais je ne peux pas continuer à m'arrêter tous les 2 km et attendre 5 a 10 minutes avant de pouvoir redémarrer. J'ai bien sûr fini par vider la batterie, heureusement il y a un kick.
Au cas où, je change la bobine d'allumage puis l'antiparasite.
Après encore un essai, je m'arrête a nouveau et purge la cuve du carburateur. Ni eau ni saleté.
Puisque j'ai déjà changé la pompe à essence, le problème  peut aussi venir du robinet d'essence qui alimente le carburateur. Je continue en effet encore de croire que la cause est le défaut d'alimentation essence et non le vapor lock.

Je connecte donc mes 2 réservoirs avant directement au filtre à essence. Et miracle, je fais 40 km sans aucun problème.

Je pense alors avoir véritablement résolu le problème. Ces 40 kms ont été super. Je m'en suis donné à cœur joie. La moto va très bien. Enfin !
Je redouble quelques camions pas très à l'aise dans cette piste étroite et sinueuse. Pas facile de doubler ces monstres !
Et puis dans une portion droite un camion me redouble très vite sans m'avertir avec le Sentinelle, ce qui lui est pourtant imposé par l'Organisation par sécurité pour les motards. Je me retrouve instantanément dans sa poussière ne voyant plus à un mètre et je suis tellement surpris / peur que je m'arrête en urgence. Ma moto se couche sur le côté.
J'ai alors juste le temps de retirer ma jambe de sous la moto qu'un deuxième camion arrive, ne s'écarte pas et roule sur la moto.
2 autres camions passent à leur tour et trouvent la place pour passer à côté.

Les dégâts sont importants. La béquille est pliée sur le bras oscillant et se prend dans la chaîne. La couronne de la chaîne est voilée. Le repose pied gauche est tordu. Les 2 réservoirs arrière sont tordus/enfoncés. Celui de gauche frotte sur la chaîne et celui de droite sur la roue. La fixation supérieure de la selle est arrachée. Le carénage ne tient plus que par une fixation sur les 4. Le guidon est tordu. Les supports des matériels de navigation sont tordus. Tous mes équipements électroniques sont de travers. Plusieurs câbles d'antennes satellite sont arrachés.
Je redémarre la moto et fais quelques kms pour trouver un endroit un peu à l'écart pour faire des réparations.
Je me rends compte que j'ai aussi une fuite d'huile moteur.
En passant sur la moto le camion a poussé sur le sabot de protection du moteur et sa réserve d'eau et à fendu le carter d'allumage. Enfin, la réserve d'eau est également percée.

Je viens de prendre un gros coup au moral.

Ma priorité est de sortir de la spéciale et de rentrer au bivouac
au plus vite. Rien de tout ça n'est irréparable. Mais cela prendra du temps.
Rapidement, je me rends compte que je dois réparer la fuite d'huile et écarter les réservoirs arrière. Je ne peux rien faire pour l'iritrack et le GPS. Je me contenterai du road book.

Je ne peux rien faire pour le reste et n'en ai pas besoin pour rentrer.

Je répare rapidement le carter avec de la patte epoxy mais je passe un temps fou a redresser les 2 réservoirs arrière. J'ai encore 30 km de spéciale à faire. Les réservoirs seront détruits par la chaîne si je les laisse en l'état. Je ne veux pas aggraver mon cas.
Le guidon est très tordu, je ne peux pas rouler debout. Je prends donc les 30 km dans le dos mais je quitte enfin la spéciale. Le temps de récupérer de l'eau et de l'essence je fonce sur la liaison. J'arrive au bivouac à une heure et demi du matin et je dois en repartir a 5:46, ça ne me laisse que très peu de temps pour réparer la moto et dormir car j'en ai vraiment besoin.

Heureusement, David le mécanicien d'Antoine Lecomte me dit de lui apporter ma moto et d'aller me coucher.

Mais je dois d'abord faire réparer mon Iritrack et mon GPS. Les techniciens de ERTF et ASTRIUM s'en chargent pendant que je file prendre une douche et manger autre chose que des gels énergétiques.
Je laisse ma moto à David et fonce me coucher. Je prends quand même 10 minutes pour intégrer les modifications au road book apportées par les ouvreurs.

Je n'arrive pas à m'endormir. La journée a été dure, mais surtout catastrophique. Je l'avais imaginé autrement. Mais je pense quand même avoir trouvé la cause de mes pbs d'alimentation essence. Le robinet, que j'ai pourtant ouvert et nettoyé avant de partir. Je prends donc un T et trouverai un moment demain pour brancher les réservoirs avant et arrière directement au filtre essence. Les 4 réservoirs se videront ensemble, ce n'est pas top pour attaquer les dunes mais c'est mieux que d'avoir un moteur qui coupe sans arrêt. L'idéal est d'arriver aux dunes avec les réservoirs avant quasi vides pour alléger l'avant de la moto.
Je ferai avec et trouverai sans doute à la journée de repos un robinet pour remplacer le mien.
Demain je vais enfin pouvoir rouler !
Je ferai mes réparations petit à petit chaque soir.

Etape 2: San Luis / San Rafael

Au final, je dors une heure et suis 30 minutes plus tard sur la moto pour 350 kms de liaison. Arrivé dernier de la spéciale de la veille, je pars évidement le dernier à 5:46 du CH de la liaison (le bivouac). Je dois prendre le départ de la spéciale à 10:16, j'ai donc 4:30 devant moi. Ça semble large mais avec la limitation à 110 (à respecter car l'amende par l'organisation est de 500 euros. Pas de radar, mais le GPS vous dénonce !). Ajouté à cela la traversée des zones habitées à 50, il n'y a rien de trop.
Fatigué, je m'arrête quand même 15 minutes pour dormir au CP de la liaison.
Puis je repars. Le temps de faire le plein des réservoirs avant, j'arrive à 5:44 au départ de la spéciale.

J'espérais dormir encore un peu, mais je pars immédiatement.
On commence par une longue et large piste avec de grosses bosses idéales pour faire des sauts. Je n'en abuse pas car je ne veux pas brusquer la moto. Je roule quand même avec des équipements de navigation de travers, un carénage branlant, une couronne voilée (la chaîne claque) et des réservoirs arrière qui frottent envie sur le pneu arrière. Je roule donc un moment comme cela. Tranquille. Rejoindre le bivouac dans un délai raisonnable, ne pas chercher à rattraper tout mon retard dans cette étape. La moto a déjà bien souffert comme ça.
De mon côté je suis en forme. J'ai enchainé les 2 étapes presque sans m'arrêter. Je savais que cela pouvait m'arriver, je m'y étais préparé. Mais je n'imaginais pas que cela serait des la première étape.

Puis nous traversons un rio asséché. Là, c'est plus difficile car toutes les motos et les quads sont déjà passés. Je n'ose imaginer si je reste planté là et que je me retrouve avec les voitures, voire avec les camions. Et évidemment mon moteur s'arrête. Le sable est tellement mou que je me plante par l'avant. L'arrière de la moto a du taper sur une pierre car ma sacoche arrière est déchirée. Je relève la moto et mets ma balise, les feux de détresse et quelques outils dans mon sac à dos.
J'entends un sifflement de cocotte minute depuis mes réservoirs arrière. Il y a des crépitements dans mon réservoirs avant droit (c'est quoi ????) et l'essence refoule de mon réservoir avant gauche.

Putain, là j'en ai marre, ça tourne au cauchemar.

J'ouvre un peu les bouchons et tout rentre dans l'ordre. Les premières voitures me doublent alors dont les 2 minis de Peterhansel et Roma qui passent comme des avions de chasse.

J'attends que ma bouilloire à essence refroidisse et je cherche à nouveau ce que je peux faire. Puisque ce n'est pas le robinet le problème, j'en reviens à : le filtre à essence est vide car l'essence se vaporise sous l'effet de la chaleur.

Pourquoi l'essence chauffe-t-elle ?


Cela peut de produire dans les réservoirs (c'est le cas). Mais aussi dans les durites (je ne peux rien y faire sur place) ou dans la pompe à essence (je l'ai déjà changée pour une pompe qui fonctionnait parfaitement en Égypte).
Il y a un ventilateur sur le radiateur pour refroidir l'eau du moteur. L'air chaud qu'il extrait est poussé contre le réservoir avant droit. Ça doit bien le chauffer.

J'essaie donc de rouler après avoir déconnecté la sonde du radiateur.
Je surveille mes radiateurs car je ne veux pas non plus risquer de claquer mon moteur. Quelques km plus loin le moteur s'arrête. Cette fois-ci je shunte la sonde et connecte le ventilateur en continu.

Je roule à peine 10 minutes et le moteur s'arrête une fois de plus.

Je reste un moment sur la moto. Je ne sais plus quoi faire, je n'ai plus de solution.

La situation est la suivante. Le moteur fait du vapor lock. Je peux rouler en liaison le matin car il fait nuit quand nous partons. Mais des que j'attaque une spéciale le moteur chauffe immédiatement l'essence. Je peux faire alors 50 a 80 km, puis je n'avance que de 10 kms quand j'attends 15 minutes ou seulement 2 ou 3 kms si je repars presque sans attendre.
Le moteur refait par Thierry Beuchot n'est pas la cause. Il marche très fort. C'est l'essence le pb. Dans le carburateur, dans les durites, dans la pompe à essence et même dans les réservoirs avant comme ceux de l'arrière, quelque part l'essence chauffe trop.

Je réessaie de partir 2 fois mais je fais 5 kms en tout...

Normalement en cas de vapor lock, on attend un quart d'heure.
Et on peut rouler ensuite pas mal. Ça permet de passer le moment le plus chaud de l'étape tout en avançant et ensuite tout rentre dans l'ordre avec la chaleur descendante. Mais là, j'avance tout au plus de 2 km. Je suis véritablement arrêté.
Le temps passe et je ne trouve pas de solution. Toutes les voitures passent. Le PC course de Paris m'appelle, je leur dis que je ne sais pas si je vais pouvoir repartir.
Les camions passent. Puis beaucoup plus tard, le camion balais qui signifie l'abandon. Je n'ai même pas approché les dunes moi qui aime tant ça.

Je n'ai pas trouvé ce que j'étais venu chercher.
Je crois que j'aurai préféré m'arrêter comme bcp de pilotes aujourd'hui exténués dans les dunes.

Mais là je n'ai pas de réponse et je ne connais même pas la cause de mon échec. Et ce n'est pas dans les Vosges que je vais recréer les mêmes conditions de chaleur !

Pour l'instant je prends un avion de l'organisation pour Chilecito bivouac de l'étape 4. Mon retour en France sera probablement organisé de là.

Voilà.

On se prépare à bcp de choses mais pas à rentrer si vite et sans en connaître véritablement la raison.

C'est dur à digérer.

Merci à tous qui m'avez supporté.

Fred

 


PS : On a passé la nuit dans les dunes à aller chercher les motos des autres abandons. Au petit matin un hélicoptère m'a récupéré avec 2 autres pilotes et nous a déposé au bivouac. Drôle de baptême d'hélicoptère. On a survolé les dunes de l'étape, finalement j'ai fais les dunes .., ;-))


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